mardi 5 juillet 2016

De retour dans le sud de la France...



Me revoilà dans ma région d'origine, celle où je suis née et où j'ai grandi... et pas seulement pour les vacances, mais il semblerait bien définitivement!
Me revoilà en Provence, plus exactement dans le département du Vaucluse, réputé pour son vote très extrême droite... Pas de quoi être fier.
Ce coin-là de France est très beau et c'est avec plaisir que je le re-découvre. Le département est entouré de paysages divers. Nous sommes près du Mont Ventoux, Carpentras, Sault, Roussillon, Gordes, Venasque, d'Avignon, des Alpilles, des Beaux de Provence, de Saint Rémy de Provence, du Luberon, de Marseille, Aix-en-Provence, Nîmes, Arles, les Saintes-Maries de la mer, la Camargue, Montpellier et tout cela dans le désordre et sans aucune logique évidemment...
Pourquoi j'en suis partie? D'abord pour aller faire mes études à Montpellier (qui reste très au sud, ce n'est pas vraiment le moment où je suis partie même si je me coupais déjà du Vaucluse et de la mentalité particulière de ses habitants...), ensuite pour travailler (le Centre de la France et Paris). Les autres membres de ma famille ont tout fait pour y rester. Pas moi. Pour des raisons très personnelles d'abord. Parce que j'avais envie d'aller voir ailleurs. Parce que les habitants de ce département ont une conception des relations humaines particulières. La superficialité n'y est pas un mythe, la médisance est le sport national, la chaleur n'est qu'une apparence, la fiabilité inexistante. Je suis très dure et j'exagère car il y a des exceptions. J'ai des ami(e)s d'enfance exceptionnelles et sur qui je peux compter. mais je comprends le désoeuvrement de ceux qui viennent s'installer ici. J'ai un très bon exemple pour illustrer mon propos:
Un de mes anciens professeurs de droit me raconter qu'à Avignon où il avait enseigner, il avait été accueilli à bras ouverts par un de ses collègues qui l'avait aussitôt invité à manger le lendemain soir. Mon cher professeur est arrivé le lendemain avec dessert et bonne bouteille à la main et s'est trouvé devant une maison... vide!
En voulant louer une maison, j'ai expérimenté de manque de fiabilité immédiatement! Il est plus facile de louer à Paris... Ici, les propriétaires changent d'avis tous les jours voire dans la journée: ils vous louent, puis finalement ils vont vendre, et puis finalement, ils vont louer seulement l'été, et puis ils vous re-louent...
Il y a aussi la petite mentalité des petites villes de Province, étroite, étriquée, qui vous broie si vous ne rentrez pas dans le cadre. Le machisme des hommes du Sud.
Je retrouve avec plaisir cependant le cadre de vie: la chaleur sèche et la lumière magnifique, les lauriers roses partout, la garrigue, les fruits et les légumes gorgés de soleil, le miel de lavande, les truffes, l'huile d'olive, les cigales, le ciel haut et les nuits d'été si belles et agréables, pleines de merveilleux souvenirs.
Ce n'est pas facile de revenir après vingt ans d'absence y compris pour mes "proches", famille ou anciens ami(e)s. J'ai bien compris qu'il fallait y aller tout en douceur pour la grande majorité. Et pour compliquer les choses, j'ai une maladie grave (Lyme chronique). Entre ceux qui craignent plus ou moins consciemment mon contact (non, cette maladie n'est pas contagieuse...), et ceux qui fuient l'idée de la maladie (qui leur rappelle trop qu'ils sont mortels)...
Tout cela crée un décalage par rapport à moi qui essaie de ne pas trop réfléchir (même si évidemment mon rapport à la mort a changé, ce qui est idiot quand on y pense, mais j'y reviendrai) et dont le rapport au temps a changé.
Je vais essayer de vous faire partager les beautés de la région et celle de ses habitants, car malgré ce que j'ai écrit auparavant, il y a aussi de la beauté et de la bonté chez les gens du Sud. Comme partout, il faut savoir bien s'entourer! Et je continuerai à manquer d'objectivité comme avec toutes les choses qui me sont chères...